«Etre au service» | © Catherine Pearson

Chiffres & statistiques

Clientèle

Quelques aspects cliniques

L’évaluation des besoins des clients est réalisée régulièrement à l’aide de l’outil standardisé RAI-HC Suisse (Resident Assessment Instrument Home Care Suisse) ; cette évaluation permet notamment d’identifier les problèmes de santé et les ressources du client et ainsi de lui proposer des interventions adaptées.

En 2018, nous avons regardé plus spécifiquement comment les problèmes identifiés lors d’une première évaluation pouvaient influencer l’évolution des clients de 65ans et plus, et plus spécialement leur état fonctionnel. Nous avons donc observé pendant deux ans un groupe de clients ayant été évalués pour la première fois début 2016 en nous focalisant sur leur degré de dépendance. Le fait que ces clients aient été hospitalisés durant la période a aussi été relevé.

Une partie importante de ces clients (43%) ont quitté le dispositif d’aide et soins à domicile de l’AVASAD avant la fin de la période parce qu’ils ont été pris en charge par un EMS (38%), parce qu’ils sont décédés (32%) ou qu’ils ont simplement quitté le dispositif (16 % n’ayant plus besoin de soins).

Douleurs, chutes,
problèmes de cognition
et hospitalisation

La douleur est le problème le plus fréquent, mais même présente lors d’une première évaluation, n’a pas de répercussions sur l’évolution de l’état fonctionnel dans les 2 années suivantes. Pour l’illustrer, un client qui présentait lors de la première évaluation une atteinte fonctionnelle uniquement au niveau des activités instrumentales de la vie quotidienne (AIVQ), comme faire le ménage ou téléphoner, ne se péjorait pas. En revanche, une déficience cognitive ou un risque de chute présents lors d’une première évaluation ont des répercussions négatives sur l’évolution de l’état fonctionnel, et notamment des AIVQ.

L’état fonctionnel des clients ayant été hospitalisés se dégrade davantage (38%) que celui des clients n’ayant pas été hospitalisés (21%). Cela confirme l’hypothèse selon laquelle l’hospitalisation représente un facteur de risque de déclin fonctionnel non négligeable.

Ce qui précède plaide pour la mise en place de politiques sanitaires renforçant, notamment:

  • La promotion de la santé et la prévention multidisciplinaire s’adressant spécifiquement à la population âgée.
  • Le suivi renforcé des sorties d’hospitalisation.

Ces actions réalisées dès les premiers signes d’affaiblissement pourraient contribuer à retarder le déclin fonctionnel et à prévenir la complexification des situations. On estime en effet que 10 à 20% des personnes de plus de 65 ans sont fragiles et présentent donc un risque accru de dépendance dans les actes essentiels de la vie quotidienne, d’hospitalisation, d’institutionnalisation, de pathologies prolongées et de mortalité. Ces personnes, qui ne présentent pas encore de difficulté pour les activités simples de la vie quotidienne, mais éprouvent des difficultés débutantes pour les activités instrumentales, bénéficieront grandement d’interventions de prévention multidisciplinaires.